Un rassemblement pour les survivantes de crimes sexuels au Monument canadien pour les droits de la personne
(À noter qu’à la demande de quelques personnalités avec lesquelles le 94,5 Unique FM s’est entretenu dans le cadre du rassemblement, seuls les prénoms de certaines personnes interviewées seront divulgués.)
Mardi soir, plus d’une quarantaine de personnes se sont réunies au Monument canadien pour les droits de la personne, à Ottawa, par solidarité envers les survivantes de crimes à caractère sexuel.
L’événement a notamment réuni des survivantes d’agressions et de crimes à caractère sexuel, des intervenantes travaillant auprès des victimes ainsi que des membres de la communauté ayant pris le temps de se déplacer par solidarité envers les victimes.
Le 94,5 Unique FM s’est rendu sur place, au Monument Canadien pour les droits de la personne, mardi soir pour couvrir le rassemblement.
Le scandale de l’Université Cornell : au cœur de l’événement
C’est le scandale entourant le viol collectif allégué survenu à l’Université Cornell, dans l’État de New York, en Octobre 2024, qui a incité les organisateurs du rassemblement à mettre sur pied un événement de la sorte ; drame au cours duquel une ancienne étudiante de l’université, âgée de vingt ans à l’époque, aurait été violée collectivement par sept anciens étudiants de l’établissement, au terme d’une célébration étudiante.
Kristin, qui a coorganisé le rassemblement de mardi soir et qui a elle-même été victime d’agression sexuelle dans le passé, a affirmée au 94,5 Unique FM vouloir lancer le message suivant aux différentes institutions, par le biais de l’événement.
<< Avec le rassemblement, nous voulons interpeller directement la police d’Ottawa et nous voulons nous adresser directement aux Forces armées canadiennes ainsi qu’aux différents politiciens et politiciennes pour leur laisser savoir que nous en avons fini avec la culture du viol. >>, a-t-elle affirmé, peu de temps avant de prendre la parole devant la foule présente sur place, mardi soir.
Mickey, coorganisateur de l’événement, nous explique pourquoi il a décidé de tenir l’événement au Monument canadien pour les droits de la personne.
<< J’ai d’abord et avant tout choisi d’organiser l’événement ici-même, au Monument canadien pour les droits de la personne, car le monument est situé juste derrière le Palais de justice d’Ottawa. De cette façon, nous espérons nous faire entendre auprès des membres de notre gouvernement actuel et auprès des autres politiciens. Nous espérons que les membres de la classe politique entendront notre appel au changement et notre appel à la modification de la loi.
>>, a affirmé celui qui agit notamment à titre d’activiste pour les droits humains dans la région de la capitale fédérale depuis plusieurs années.
Un appel à la dénonciation et à la prise de parole
Mardi soir, Kristin, la coorganisatrice de l’événement, a également tenu à s’adresser directement aux victimes qui n’osent pas encore, à ce jour, dénoncer les agressions et crimes à caractère sexuel dont elles ont été victimes.
<< Ce n’est pas parce que vous ne parlez pas de ce que vous avez vécu que cela signifie que ce ne vous est pas véritablement arrivé. Cependant, prendre la parole, faire entendre sa voix en compagnie d’autres gens et de savoir de cette façon que vous n’êtes pas seuls et que nous sommes tous des survivants, ça fait un immense bien. Il est temps que les choses changent ! >>, a-t-elle déclaré.
Une autre femme du nom de Kristin, qui participait au rassemblement et qui a également été elle-même victime d’agression sexuelle dans le passé, a abondé dans le même sens que la coorganisatrice de l’événement.
<< Lorsque j’entends des histoires comme celle de l’Université Cornell, ça me donne envie de vomir. Vous savez, lorsque j’ai été abusée sexuellement, j’en ai parlé à des gens de mon entourage et ces gens-là, en question, ne m’ont pas soutenu alors que je croyais qu’ils le feraient. Cependant, j’ai eu des amis qui m’ont soutenu dans tout cela. Je veux laisser savoir aux jeunes femmes, aux enfants, aux adultes, aux étudiants et aux femmes plus âgées comme moi que peu importe le genre d’agressions à caractère sexuel que vous avez vécues, nous sommes avec vous. >>, a affirmé l’infirmière de profession.
La communauté étudiante de l’Université Carleton également présente
Certains membres de la communauté étudiante de l’Université Carleton, à Ottawa, ont également pris le temps de se déplacer et de prendre la parole dans le cadre du rassemblement, mardi soir.
Parmi ceux-ci, se trouvait notamment Nishta Hurrydass, qui en compagnie de plusieurs collègues de la communauté étudiante, a récemment mis sur pied une galerie artistique basée à l’université Carleton servant à dénoncer des agressions sexuelles commises soit sur le campus de l’université ou en dehors de ce dernier.
<< Vous savez, les agressions et crimes à caractère sexuel, c’est une cause qui n’est pas indifférente à la communauté de l’Université Carleton. Ce sont des choses qui se produisent chez nous aussi, à Carleton. Récemment, nous avons monté une galerie intitulée : What were you wearing (Que portais-tu). Grâce à cette galerie, nous avons reçu des messages et des histoires d’étudiants qui ont vécu ce genre d’événements sur le campus et hors campus. C’est pour ça que nous nous sommes dits que le rassemblement de ce soir était l’événement parfait
pour pouvoir dénoncer ce genre d’actes un peu plus forts hors de la communauté de l’Université Carleton, en tant que telle. , a expliqué l’étudiante au 94,5 Unique FM.
À noter qu’un deuxième rassemblement : We are all Jane Doe (Nous sommes tous Jane Doe), similaire à celui organisé au Monument canadien pour les droits de la personne mardi, est organisé vendredi soir à compter de 17 h 30, à la Place de l’Université, située sur le campus principal de l'Université d’Ottawa.
Le rassemblement est organisé conjointement par le Centre de ressources féministes et le Syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa.
Jonathan Desnoyers
Initiative de journalisme locale
Unique FM 94,



