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Ne touche pas à mon éducation : les étudiants protestent contre la réforme du  RAFEO à Ottawa

Ne touche pas à mon éducation : les étudiants protestent contre la réforme du RAFEO à Ottawa

Mercredi 25 mars 2026

Ne touche pas à mon éducation : les étudiants protestent contre la réforme du  RAFEO à Ottawa


 


Préserver le droit à l’éducation sans en faire un piège financier : tel était le mot d’ordre de la manifestation, ce mardi 24 mars, contre les réductions du RAFEO. Des protestations similaires se sont également déroulées dans plusieurs autres villes de l’Ontario.


Ils étaient près d’une centaine d’étudiants, d’activistes et d’enseignants à participer à la marche contre la réforme du Régime d’aide financière aux étudiants de l’Ontario (RAFEO). Ce changement prévoit notamment une réduction de la part des bourses au profit des prêts, augmentant ainsi le niveau d’endettement des étudiants. « On est ici avec la coalition défendant le RAFEO, en collaboration avec le Collège Algonquin, La Cité, Carleton. Nous voulons revendiquer l’annulation des changements que Doug Ford a apportés au RAFEO, la réduction du taux d’intérêts sur les prêts et demander plus de financement pour les établissements postsecondaires », déclare Alex, commissaire aux revendications du syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa à Unique FM. En quatrième année de sciences politiques et communication, Alex verra son rêve de master s’effondrer si cette décision venait à se concrétiser.


En février dernier, le gouvernement provincial a annoncé la refonte du RAFEO. 


Historiquement, une part importante de l’aide du RAFEO était versée sous forme debourses non remboursables. Cependant, des changements récents ont modifié cet équilibre : le régime offre désormais une aide majoritairement sous forme de prêts, pouvant couvrir jusqu’à 85 % des coûts, tandis que la part des bourses est réduite à un maximum de 25 %.

Ahlam figure parmi les protestataires. Arrivée il y a presque deux ans à Ottawa en tant que résidente permanente, elle explique que le RAFEO a été une aide essentielle face à un marché de l’emploi saturé. « Nous sommes arrivés en juillet, et nous avons activement postulé pendant six mois sans réponse avant d’avoir recours au RAFEO en janvier.


 


Pour accéder au marché canadien, on nous demande soit un diplôme, soit une expérience canadienne. C’est pour cela que nous avons choisi de retourner aux études. » Inscrite dans un programme de deux ans en finance au Collège La Cité, qu’elle termine en avril, Ahlam prévoit poursuivre un baccalauréat à l’Université d’Ottawa.« Cette réforme m’impacte directement. Nous avons deux enfants à charge, et la bourse nous aidait énormément à couvrir les dépenses.


Avec la réduction, nous serons obligés de contracter des prêts, ce qui n’est pas évident pour nous », regrette-t-elle. Debout avec sa pancarte au milieu de la foule, Jules Ndelle, étudiant en administration des affaires au Collège La Cité, se dit lui aussi inquiet.

Il dénonce des décisions prises sans consultation des principaux concernés. « On ne peut pas marginaliser les étudiants alors qu’ils sont directement affectés. Le coût de la vie augmente constamment, et cette réforme risque de rendre la situation encore plus difficile. Si la majorité de l’aide devient un prêt, cela met en péril la poursuite de nos études ».


 


 « L’aide doit aider, pas endetter »


 


« L’aide doit aider, pas endetter », « Ne touche pas à mon éducation », « L’éducation est un droit et nous n’abandonnerons pas le combat » : ces slogans, parmi d’autres, ont été scandés par les manifestants. En plus des chants, un micro circulait entre étudiants et syndicalistes afin de permettre à chacun d’exprimer son indignation face aux réductions.

« On a l’impression que l’éducation devient un privilège plutôt qu’un droit. Au lieu de nous ouvrir des portes, elle devient un piège financier », scande Merveille Kabongo, étudiante en deuxième année en ressources humaines à La Cité, sous les applaudissements de la foule. Elle affirme manifester non seulement pour ses camarades, mais aussi pour les générations futures. Ala Qadi, professeur au Collège Algonquin, a pris la parole devant le Parlement, deuxième point d’arrêt de la marche : « Ils cherchent à privatiser progressivement le système. Les récentes coupes dans le RAFEO et sa transformation en un programme majoritairement basé sur les prêts font partie de ce processus inacceptable ». Et de poursuivre : « En tant que professeur, j’ai vu de nombreux étudiants dépendre du RAFEO. Sans cette aide, plusieurs n’auraient jamais pu terminer leurs études. Beaucoup doivent déjà cumuler un ou deux emplois pour s’en sortir. Beaucoup sont issus de minorités, ou sont de nouveaux arrivants qui tentent simplement d’obtenir un diplôme pour intégrer le marché du travail canadien. »


Lancée par un sit-in devant le Palais de justice sur Elgin Street à Ottawa, la marche a duré deux heures avec des points d’arrêt, notamment devant le Parlement et les locaux de CBC/Radio-Canada


 


Yasmine Marouf Araibi 


 


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