Le Centre Espoir Sophie : à la rescousse des femmes francophones vulnérables de la capitale fédérale depuis plus de 30 ans
Depuis la fin des années 1990, les femmes francophones de la région de la capitale fédérale en situation de vulnérabilité peuvent être accueillies au sein du Centre Espoir Sophie d’Ottawa.
Situé au 235, rue Donald, l’établissement vient en aide aux femmes de la région aux prises avec toutes sortes de problématiques, allant de l’insécurité financière et alimentaire à la toxicomanie, à l’itinérance et aux divers problèmes de santé mentale.
<< On aide vraiment les femmes à retrouver leur autonomie financière, à retrouver leur dignité et à trouver un lieu sécuritaire pour qu’elles puissent passer un moment pour oublier leurs divers problèmes. Nous ne jugeons pas les femmes que nous accueillons ; les personnes peuvent venir nous voir en restant elles-mêmes. Nous sommes vraiment dans la bienveillance, dans le non-jugement et nous sommes prêtes à aider les femmes qui font appel à nos services pour trouver des solutions à tous leurs problèmes. Nous, nous allons vraiment tout faire pour redonner une joie de vivre aux femmes faisant appel à nos services. , affirme Magali Mahillet, directrice générale du Centre Espoir Sophie.
Une vaste gamme de services offerts aux femmes cognant à la porte de l’établissement
Le Centre Espoir Sophie offre une multitude de services à sa clientèle, à commencer par le travail d’accompagnement effectué par les trois travailleuses sociales de l’établissement auprès des femmes faisant appel au centre.
Parmi tous les autres services offerts par l’établissement, on retrouve notamment des services de buanderie, une banque alimentaire existante notamment grâce à la Banque alimentaire d’Ottawa qui approvisionne la banque du centre en nourriture, un service de distribution de vêtements et d’habits, des activités sociales de toutes sortes qui sont mises à la disposition des femmes et un centre d’emploi offrant du soutien aux femmes pour que ces dernières puissent retourner sur le marché du travail dans un avenir rapproché.
Sophie : la femme grâce à qui l’établissement existe aujourd’hui
L’histoire du Centre Espoir Sophie a officiellement débuté en 1994 alors que Sophie, une jeune femme âgée de 27 ans à l’époque, a été dans la nécessité de se faire aider pour de multiples problématiques (toxicomanie, itinérance, séropositivité et grossesse).
Heureusement pour elle, ainsi que pour une multitude de femmes de la région, Sophie a trouvé deux bonnes samaritaines sur sa route.
<< Elle (Sophie) cherchait un centre qui pourrait l’aider avec toutes ses problématiques, mais malheureusement, à l’époque, il n’y avait pas de centre pour lui venir en aide à Ottawa. Ce sont donc deux travailleuses sociales qui se sont battues pour qu’on puisse lui trouver des solutions
et pour qu’on puisse la soigner. Elles se sont aussi mobilisées pour que Sophie puisse avoir son enfant et pour que ce dernier puisse naître en bonne santé. Malheureusement, Sophie est décédée, mais les deux travailleuses sociales en question ont réussi à obtenir des fonds pour pouvoir créer le Centre Espoir Sophie. >>, nous explique Magali Mahillet.
Un établissement qui a souvent changé d’emplacement
Si le centre est désormais situé sur la rue Donald, c’est sur la rue King Edward que le Centre Espoir Sophie a débuté ses activités à la fin des années 1990, et ce, grâce à une entente conclue entre l’établissement et l’organisme les Bergers de l’Espoir, à l’époque.
En 2000, à la suite de la démolition du petit bâtiment où se trouvait le centre depuis quelques années sur la rue King Edward, le Centre Espoir Sophie s’est retrouvé sans emplacement et a donc dû cesser ses activités pendant quelques années.
En 2002, le centre a reçu du soutien financier de la part de la Société Saint-Vincent de Paul, qui lui a permis de s’établir dans son centre de distribution de vêtements au 145, rue Murray, emplacement où le Centre Espoir Sophie était situé jusqu’à tout récemment.
Le manque de financement : le défi de l’heure pour le centre
Bien que le Centre Espoir Sophie soit actuellement financé par la Ville d’Ottawa et que le centre reçoive des dons de la part de divers membres de la communauté dans le cadre de sa grande levée de fonds annuelle, la direction de l’établissement est catégorique : le centre a besoin d’encore plus de financement, notamment de la part de la communauté.
<< Le financement qu’on reçoit actuellement au Centre Espoir Sophie, c’est pratiquement le même auquel on a droit depuis des années, alors que, lorsque j’ai débuté comme directrice générale il y a presque deux ans et demi, nous comptions environ 400 femmes au sein de notre clientèle et aujourd’hui, nous en comptons 1 200. Donc, autrement dit, nous avons le même nombre de membres au sein de notre personnel, le même salaire et le même budget pour tous nos services alors que le nombre de femmes au sein de notre clientèle a plus que triplé durant les dernières années. Du coup, nous aurons assurément besoin de plus de dons de la part de la communauté, mais aussi de la part des différentes institutions pour pouvoir, par exemple, engager plus de personnel. Pour vous donner un exemple, au centre, nous avons deux travailleuses sociales à temps partiel et une travailleuse sociale qui travaille à temps plein et quand il y a, admettons, 20 personnes qui veulent faire appel à leurs services, eh bien, ça rend le tout compliqué. >>, déclare Magali Mahillet.
À noter que le 26 novembre prochain, à compter de 17 h, le Centre Espoir Sophie organise sa levée de fonds annuelle intitulée : 1000 et un espoir, levée de fonds se déroulant dans les nouveaux locaux de l’établissement, au 235 rue Donald.
Dans le cadre de l’événement, le public sera notamment amené à visiter les nouveaux locaux ainsi que les nouvelles installations du centre.
Un goûter à saveur orientale sera ensuite servi au public présent sur place.
Jonathan Desnoyers
Initiative de journalisme locale
Unique FM 94,5



