Le Festival des sucres de Vanier : une tradition vivante entre héritage et rassemblement
Malgré le froid et la neige, des centaines de familles se sont réunies au parc Richelieu pour la 41e édition du Festival des sucres de Vanier. Une légende haudenosaunee raconte que c’est en observant un écureuil mordre une branche puis lécher la sève d’un érable qu’un homme aurait découvert cette source naturelle de sucre. C’est ce qu’indique l’une des plaques explicatives à l’intérieur de la cabane à sucre du parc Richelieu de Vanier.
Des siècles plus tard, cet ingrédient fait toujours l’unanimité et réunit la communauté. Le week-end dernier, des centaines de familles se sont retrouvés au parc Richelieu pour la 41e édition du Festival des sucres de Vanier, organisé sur le site de la cabane à sucre urbaine du Muséoparc.
« C’est toujours une belle occasion de rassemblement pour la communauté. Il y a beaucoup d’activités pour les familles, pour tous les goûts », déclare la députée provinciale d’Ottawa–Vanier, Lucille Collard à Unique FM. Pour elle, l’événement joue un rôle essentiel dans la vie communautaire :
Elle souligne également l’ambiance qui règne sur le site malgré la neige et les températures basse :« Évidemment, on peut se sucrer le bec avec du bon sirop d’érable et des produits dérivés, mais c’est surtout un moment pour se retrouver. »
La députée insiste aussi sur le caractère distinctif du lieu : « Ici, on a la seule cabane à sucre urbaine au pays. C’est unique, et c’est très accessible. On est à quelques kilomètres de la Colline parlementaire, donc les gens peuvent venir facilement. » « Ça arrive au début du printemps. Les gens ont envie de sortir, de se rencontrer, et c’est une belle occasion pour ça. », rappelle la députée.
Mettre en avant la culture autochtone
À Vanier, cette tradition ne date pas d’hier. Elle remonte à 1939, lorsque les Pères Blancs d’Afrique, une communauté religieuse missionnaire, installent une première cabane à sucre sur le terrain de leur scolasticat, au parc Richelieu. La production débute en 1940 et mobilise rapidement la communauté locale, certains résidents participant à la récolte en échange de sirop.
Après le départ des Pères Blancs en 1976, la production cesse temporairement, avant d’être relancée dans les années 1980 avec la création du Festival des sucres par la Ville de Vanier. Dans les années 1990, le groupe Action Vanier, dirigé notamment par René Doré, prend en charge la cabane à sucre et modernise les installations, assurant la continuité de la tradition jusqu’en 2011.
Depuis 2012, le Muséoparc Vanier a repris le flambeau, avec pour mission de préserver et faire vivre cet héritage. Aujourd’hui encore, entre mémoire, transmission et festivités, le Festival des sucres demeure un rendez-vous incontournable du printemps dans la région.
De son côté, Soumia Hamitou, gestionnaire marketing et communication pour le Muséoparc, met de l’avant la portée du festival : « Le Festival des sucres regroupe chaque année entre 6 000 et 10 000 participants. L’idée, c’est vraiment de rassembler la communauté et tous les habitants de la région. » « Nous offrons des activités familiales, communautaires, gratuites et accessibles à tous, à l’intérieur comme à l’extérieur, grâce à nos partenaires”, explique Soumia Hamitou.
Et d’ajouter : « Toutes nos activités sont en lien avec le temps des sucres et la production de sirop d’érable, qui est faite ici à 100 % par le Muséoparc. »
Parmi les exposants présents, la ferme Madahoki mettant en vedette deux chevaux rares a particulièrement attiré l’attention. Ses représentants expliquent vouloir sensibiliser le public à la culture autochtone à travers des programmes éducatifs : « Notre objectif, c’est d’éduquer autour de la culture autochtone, notamment à travers des activités avec les chevaux, mais aussi avec des programmes durant le temps des fêtes. » “Collecter et produire le sirop d’érable, c’est à l’origine un savoir-faire autochtone. C’est important d’en tenir compte et de mettre en valeur ce contexte culturel”, déclarent-on.
Avec toutes ces activités, le sourire s’affiche sur le visage des visiteurs. Kenza, venue avec son mari et ses trois enfants, voit dans ce festival bien plus qu’un simple moment de divertissement. “C’est une occasion d’apprentissage. Pour cette famille, l’événement permet aux enfants d’en apprendre davantage sur la culture canadienne, tout en profitant d’une sortie conviviale”.
Yasmine Marouf-Araibi
Unique FM 94,5





