Elles existent, mais les voit-on vraiment ? : Un livre pour lutter contre l’invisibilité des femmes franco-ontariennes

Elles existent, mais les voit-on vraiment ? : Un livre pour lutter contre l’invisibilité des femmes franco-ontariennes

Mercredi 15 juillet 2026

Elles existent, mais les voit-on vraiment ? : Un livre pour lutter contre l’invisibilité des femmes franco-ontariennes


L’Union culturelle des Franco-Ontariennes lutte actuellement contre l’invisibilité des femmes franco-ontariennes. Le 30 juin dernier, l’organisme a publié son tout premier livre blanc, intitulé « Elles existent, mais les voit-on vraiment? ». Cet ouvrage dresse un portrait du rôle de l’Union ainsi que des accomplissements de ses membres. Il vise également à mettre officiellement un terme au sentiment d’invisibilité ressenti depuis plusieurs années par plusieurs membres de l’UCFO, qui souhaitent voir leur contribution enfin reconnue et qui souhaitent du même coup, gagner en visibilité.


L’histoire remonte à il y a près de 96 ans, à l’époque où les femmes accompagnant les membres de l’Union des cultivateurs Franco-Ontarien se réunissaient dans une salle séparée.


« Depuis plus de 90 ans, l’Union culturelle des Franco-Ontariennes veille non seulement à l’autonomisation, mais aussi à l’épanouissement personnel et professionnel des femmes franco-ontariennes partout dans la province. L’organisme, communément appelé l’UCFO, représente aujourd’hui plus de 500 femmes issues de différents horizons et de toutes les régions de l’Ontario », explique Janie Renée Mayer, directrice générale de l’Union culturelle des Franco-Ontariennes.


Le livre blanc, divisé en huit grands axes, présente également une série de recommandations adressées aux gouvernements de l’Ontario et du Canada, ainsi qu’à la direction générale de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).


L’intersectionnalité est au cœur du travail de l’Union culturelle, souligne la directrice générale, puisque l’organisme est devenu, au fil des années, le porte-voix de nombreuses réalités vécues par les femmes franco-ontariennes.


« On prend différents sujets, on les fait converger, puis on se demande : est-ce qu’on peut en retirer un seul pour décrire nos femmes ? On s’est rendu compte que non. Souvent, nos femmes, ce sont les passeuses de culture, les passeuses de patrimoine. Ce sont elles qui tiennent à leur français, qui participent à l’éducation des enfants et des petits-enfants, qui transmettent leur savoir. Pourtant, ces savoirs ne sont pas nécessairement reconnus », explique Janie Renée Mayer.


Lutter contre l’invisibilité


C’est parce que les femmes franco-ontariennes entretiennent « une réalité intime avec la ruralité » que l’Union culturelle souhaite faire entendre davantage sa voix sur la scène communautaire.


« On veut être présentes à la table et parler de nos réalités, parce que nous avons une relation intime avec la ruralité, avec ces petites communautés qui portent encore le français, ces bastions où la langue est parfois moins diluée que dans les grands centres. On a cet impératif d’être à la table et de dire : "Ne parlez pas de nous sans nous." »


Ce livre blanc s’inscrit d’ailleurs dans le cadre des États généraux de l’AFO, qui se déroulent actuellement partout en Ontario.


Pour Janie Renée Mayer, ce tout premier livre est un point de départ du dialogue. « Ce qui n’est pas vu ne peut pas être compté, ce qui n’est pas compté ne compte pas. ». Pour la responsable, les femmes franco-ontariennes n’ont jamais été absentes au cours des 95 dernières années; elles ont simplement été invisibilisées et non reconnues. »


Article écrit par :


Yasmine Marouf Arabi 


Unique FM 94,5 


 


Reportage : 


Jonathan Desnoyers


IJL


Unique FM 94,5 


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